Spécialiste du Bien-être Intestinal & Digestif
EXPERTISE DIGESTIVE
Reflux gastro-œsophagien (RGO) :
comprendre les remontées acides
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond à la remontée d'une partie du contenu de l'estomac vers l'œsophage. Il peut provoquer des brûlures, des remontées acides, des régurgitations, mais aussi s'accompagner de gaz, d'éructations et de ballonnements.
Souvent associé à un excès d'acidité, le reflux peut pourtant faire intervenir des mécanismes plus complexes.
Une acidité gastrique insuffisante, appelée hypochlorhydrie, fait notamment partie des pistes à considérer, en particulier lorsque reflux et troubles digestifs sont associés.
C'est cet angle que nous allons explorer, sans oublier les autres mécanismes pouvant favoriser le RGO.
Que se passe-t-il lors d’un reflux gastro-œsophagien ?
L’estomac produit naturellement de l’acide chlorhydrique, indispensable notamment à la digestion des protéines et à la protection contre de nombreux micro-organismes.
Entre l’œsophage et l’estomac se trouve le sphincter inférieur de l’œsophage, une zone musculaire qui agit comme une valve. Il s’ouvre pour laisser passer les aliments puis contribue à empêcher le contenu gastrique de remonter.
Lorsque cette barrière ne remplit plus suffisamment son rôle, une partie du contenu de l’estomac peut remonter dans l’œsophage. Or, contrairement à l’estomac, la muqueuse de l’œsophage est peu adaptée au contact répété avec l’acidité, d’où les sensations de brûlure caractéristiques du reflux.
— Le problème n’est donc pas forcément « trop d’acide »
C’est un point essentiel : acidité du contenu qui remonte et excès de production d’acide sont deux choses différentes.
Une personne peut ressentir une brûlure importante simplement parce que le contenu gastrique atteint un endroit qui n’est pas conçu pour le recevoir.
Mais alors que se passe-t-il lorsque l’estomac ne produit justement pas suffisamment d’acide ?
Hypochlorhydrie : quand l’estomac manque d’acidité
On associe spontanément les remontées acides à un excès d’acidité. Pourtant, l’estomac peut également produire trop peu d’acide chlorhydrique : on parle alors d’hypochlorhydrie.
L’acidité gastrique ne sert pas uniquement à digérer les aliments. Le pH très acide de l’estomac constitue aussi une barrière naturelle qui limite la survie et la prolifération de nombreux micro-organismes.
— Moins d’acide, davantage de développement bactérien
Lorsque l’acidité gastrique diminue, cette barrière devient moins efficace. Certaines bactéries peuvent alors survivre et se développer plus facilement dans l’estomac et les parties hautes du système digestif.
Cette activité microbienne peut favoriser des phénomènes de fermentation et de production de gaz. La distension et la pression qui en résultent peuvent alors participer aux éructations et favoriser les remontées du contenu gastrique vers l’œsophage.
On peut ainsi observer un mécanisme qui semble paradoxal :
moins d’acidité → développement microbien favorisé → fermentation et gaz → augmentation de la pression → remontées gastriques.
Nous rencontrons régulièrement en cabinet ce profil chez des personnes présentant simultanément reflux, éructations, ballonnements et troubles du transit. C’est pourquoi nous ne considérons pas systématiquement les remontées acides comme la conséquence d’un estomac produisant « trop d’acide ».
Les autres facteurs pouvant favoriser le reflux
L’hypochlorhydrie n’explique pas tous les reflux. Le RGO est un phénomène multifactoriel et plusieurs éléments peuvent favoriser les remontées gastriques :
-
un relâchement insuffisamment contrôlé du sphincter inférieur de l’œsophage ;
-
une hernie hiatale ;
-
des repas très copieux ou riches en graisses ;
-
une augmentation de la pression abdominale, notamment en cas de surpoids ou pendant la grossesse ;
-
certains médicaments ;
-
une vidange gastrique ralentie chez certaines personnes.
Les déclencheurs alimentaires sont également très individuels. Café, alcool, chocolat, aliments gras, épices ou boissons gazeuses peuvent aggraver les symptômes chez certaines personnes sans nécessairement poser problème chez d’autres.
RGO, gaz et ballonnements : regarder l’ensemble du système digestif
Lorsque les remontées s’accompagnent de gaz, d’éructations, de ballonnements, de constipation ou d’un transit perturbé, il peut être intéressant de ne pas considérer l’estomac de manière isolée.
Dans notre pratique, nous nous intéressons alors au fonctionnement digestif dans son ensemble : alimentation, digestion, transit, fermentations et confort intestinal.
L’objectif n’est pas de présenter l’hydrothérapie du côlon comme un traitement du RGO, mais d’accompagner les troubles intestinaux qui peuvent être des causes directes ou associés.
Quelques mesures simples pour limiter les remontées
Quelques habitudes peuvent contribuer à diminuer les épisodes de reflux : éviter les repas excessivement copieux, prendre le temps de manger, ne pas s’allonger immédiatement après le repas et identifier ses propres aliments déclencheurs plutôt que d’appliquer systématiquement une longue liste d’interdits.
En cas de reflux nocturne, surélever la tête du lit peut également être utile.
Enfin, un reflux fréquent ou persistant mérite un avis médical, particulièrement en présence de difficultés à avaler, de saignements digestifs, d’un amaigrissement inexpliqué, de vomissements persistants ou de douleurs thoraciques.